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Comment choisir ses chaussures de trail ?

Trouver LA chaussure de trail peut s’avérer plus difficile que prévu. L’offre est pléthorique, les modèles variés et les détails techniques complexes, sans compter que le budget est bien souvent conséquent ! Pour vous aider à bien choisir votre chaussure de trail, plusieurs critères sont à prendre en compte : le confort, l’imperméabilité, la protection et l’accroche. Petit topo des points clés à vérifier avant l’achat d’une paire de chaussures de trail adaptée.

Le confort : critère numéro 1 pour le choix d’une chaussure de trail

Cela peut sembler évident, mais parfois, abasourdi par les informations des fabricants, l’on peut se retrouver à acheter une paire pas tout à fait confortable, en se disant « la chaussure va se faire ». Stop ! Le confort est primordial et vous devez le sentir tout de suite. Outre la sensation du chaussant, n’hésitez pas à faire un petit tour de piste pour évaluer le ressenti en condition. Mais avant d’essayer tout le magasin, voici les quatre aspects techniques pour trier et trouver la bonne paire de basket de trail :

  • L’amorti ;
  • Le drop ;
  • Le poids ;
  • La foulée.

Creusons un peu plus dans chacun de ces paramètres, en commençant par l’amorti. La plupart des runners ont pour habitude d’attaquer leur foulée par le talon. Or, le talon est une partie du pied plutôt fragile, qu’il convient de protéger. Les fabricants utilisent soit de la mousse soit du gel afin de créer une zone d’absorption des chocs sous le pied. Mais comme le mieux est l’ennemi du bien : trop d’amorti peut entraver votre foulée naturelle et causer une blessure. Alors comment déterminer si l’amorti est trop important ou au contraire insuffisant ? C’est là qu’entre en jeu la notion de drop.

Très régulièrement débattu dans le monde de la course à pied, le drop indique la différence en centimètres entre l’avant et l’arrière de la chaussure. Cela correspond donc à la hauteur du talon (en prenant en compte l’épaisseur de la semelle). Un drop 0 est une chaussure minimaliste, sans amorti ou très peu. Un drop supérieur à 8 décrit une chaussure dite « oversize ».

Choisir son drop est d’une part une question personnelle (votre foulée et votre ressenti), et d’autre part une question de type de terrain. Les adeptes de la course minimaliste insistent sur une foulée « naturelle ». Il semble assez logique que l’Homme, sans chaussures, ne courrait pas en attaquant par le talon car le choc serait trop douloureux. Il préférerait donc une approche par le milieu du pied voire par l’avant du pied. Selon votre attaque, vous pourrez favoriser un drop 0 pour une course sur l’avant, et jusqu’à un drop 4, qui n’entrave pas cette approche « milieu-avant du pied ». Au-delà, il s’agit de drops destinés à une attaque talon.

L’oversize serait plus destinée à la route et au sentier, étant donné que sa hauteur de semelle peut compromettre la stabilité du coureur sur terrain accidenté. Pour autant, certaines chaussures de cette gamme s’accommodent avec succès d'un revêtement caillouteux, notamment grâce à une semelle large qui rééquilibre les appuis.

Mais, car il y a un mais, l’amorti et le drop impactent le poids. Les grammes d’une basket de trail vont jouer particulièrement sur les courses longues, où plus de poids augmente la fatigue musculaire. Sur des sorties courtes, le poids n’aura que peu d’importance, ou se limitera à votre ressenti personnel.

Enfin, reste à faire un point sur votre foulée. Il existe trois types de foulées : neutre ou universelle, supinatrice et pronatrice. Simplement, cela correspond à vos appuis. Usez-vous plutôt vos semelles sur l’intérieur ou sur l’extérieur du pied ? Jetez un œil à vos chaussures de course actuelles :

  • Neutre/universel : usure relativement uniforme ;
  • Supinateur : usure de la semelle vers l’extérieur ;
  • Pronateur : usure de la semelle vers l’intérieur.

À noter que votre manière de vous déplacer varie en fonction de si vous marchez ou si vous courez. Il convient donc d’observer ses chaussures de course uniquement, et non ses chaussures de ville !

Si l’usure n’est que peu marquée, un modèle incluant une correction peut être suffisant. En revanche, si votre semelle a une usure franche, alors une visite chez un podologue peut s’avérer utile. Ce dernier déterminera vos appuis, au niveau du pied, mais pas seulement. Il/elle prendra en compte l’ensemble des articulations basses (sous les hanches) pour évaluer votre démarche dans sa globalité. Ainsi, vous pourrez bénéficier de semelles orthopédiques sur-mesure qui corrigeront très spécifiquement vos petits défauts.

Avoir plusieurs paires

Bien que cela entraîne un budget supplémentaire, disposer de plusieurs paires de trail permet de choisir la chaussure de trail la plus adaptée à la discipline prévue (en fonction du revêtement, de la météo, du dénivelé) et de toujours courir avec les pieds au sec, en adoptant une rotation.

L’imperméabilité de la chaussure de trail

Un trail se court sous toutes les météos, y compris dans les climats les plus extrêmes (ex : snow trail ou trail blanc). La capacité de la chaussure à garder vos pieds au chaud et au sec est donc un critère de choix. Les chaussures de trail proposent deux matériaux principaux dans ce but : soit en mesh soit en Gore-Tex.

La mesh a la particularité d’être respirante, ce qui est l’idéal pendant un trail l’été, mais aussi de manière générale, pour évacuer la transpiration. Cependant, si elle laisse passer l’eau dans un sens, elle la laisse aussi passer dans l’autre. Sous la pluie, dans la boue ou dans les flaques, vos pieds seront donc mouillés. Pour autant, ils sécheront relativement vite.

A contrario, le Gore-Tex est un matériel imperméable et chaud. Il convient donc particulièrement aux courses d’hiver. Néanmoins, sa résistance a des limites, et s’il est immergé à plusieurs reprises dans l’eau, il finira par laisser pénétrer les liquides. Restant tout de même « imperméable », l’humidité aura du mal à s’échapper, gardant vos pieds mouillés et très probablement froids !

Le choix du matériel est donc lié aux types de courses que vous entreprendrez et à la météo à laquelle vous vous soumettrez. D’où l’utilité de posséder plusieurs paires de basket de trail afin de choisir la plus adaptée à la situation donnée.

Pare-chocs et renfort : protéger ses pieds pendant un trail

Contrairement au running, qui se pratique sur des chemins sans obstacle, le trail s’oriente plus vers des terrains accidentés où se mêlent cailloux, pierres, branchages… Si vous vous aventurez régulièrement dans des pierriers, il faudra maximiser les renforts à l’avant et sur les côtés du pied de manière à se prémunir de tous chocs. Cependant, qui dit renfort dit augmentation du poids.

En privilégiant les grammes, vous seriez peut-être tenté de vous tourner vers des chaussures au poids plume. Notez cependant que l'allègement est en partie dû aux choix des matériaux. Si ce type de chaussures peut être un excellent choix pour la compétition, elles seront malheureusement un peu moins robustes d’une part, et protégeront moins bien le pied de manière générale, d’autre part.

Alors vaut-il mieux favoriser le poids ou la protection ? Tout dépend de votre pratique !

Le type de semelle et l’adhérence

Terre, boue, gras ou glissant, neige : le trail vous guide au-delà des sentiers battus et sur de nombreux types de terrains. L’adhérence d’une chaussure de trail devient alors une priorité pour éviter de tomber ou de se blesser. La semelle extérieure des chaussures de trail présente toujours un certain nombre de crampons. La forme, la taille et l’espacement des chevrons détermineront l’accroche de la chaussure de trail.

Trois compromis sont à faire lors du choix de ses chaussures de trail :

  • La dureté de la semelle ;
  • L’espacement des crampons ;
  • La forme des chevrons.

Plus une semelle est souple, plus elle adhérera aux surfaces lisses ou glissantes. Cependant, la gomme étant plus molle, elle s’usera plus rapidement. Une semelle à gomme dure en revanche sera plus durable et offrira un meilleur ressenti sur les pierres.

Autre décision : l’espacement entre les crampons. Plus il y a d’espace, plus les déchets (eau, boue, terre, neige...) seront évacués rapidement. C’est le même concept que pour les pneus de voiture. Or, l’accroche d’une chaussure de trail est maximisée par la surface en contact avec le revêtement. Plus les crampons sont espacés, plus la surface de contact est réduite. La largeur de la surface de contact impacte également la transmission de l’effort.

Enfin, la forme des crampons influence sa capacité à vidanger. En forme de X, ils sont plus rapides que les motifs plats. De plus, des arêtes de relief vives permettent de mieux agripper le terrain.

Des crampons resserrés sont conseillés sur un terrain plutôt sec. Sur un terrain humide (boue), il est important de choisir une semelle où la terre s'évacue bien pour conserver de l'adhérence. (ex : technologie Contagrip® chez Salomon, Vibram Mégagrip chez The North Face). Avant d’acheter vos chaussures de trail, pensez à les retourner pour vérifier que la semelle correspond à vos types de courses.

Bien choisir sa pointure de chaussures de trail

La meilleure chaussure de trail au monde ne vaudra rien si elle n’est pas à votre taille. Bien choisir sa pointure de chaussures de trail n’est pas chose aisée. D’une part, selon les fabricants et les modèles, les tailles varient. Vous pouvez chausser du 40 dans une marque mais du 41 dans une autre.

D’autre part, il est recommandé de choisir une chaussure de trail plus grande que votre pointure habituelle. La raison est simple : quand vous courez, surtout sur plusieurs dizaines de kilomètres, votre pied a tendance à enfler. Ainsi, une chaussure à votre taille en début de course peut se révéler trop petite (et douloureuse !) à mi-chemin.

Deux conseils pour bien essayer ses baskets de trail. Tout d’abord, il est préférable de se rendre en magasin en fin de journée, car votre pied sera plus large que le matin. Ensuite, on compte environ un demi-centimètre de marge. Lorsque vos orteils touchent le bout de la chaussure, il faut pouvoir glisser un doigt entre le talon et le renfort. Cela équivaut à une demi-pointure voire une pointure supplémentaire. C’est la marge nécessaire pour vous assurer le confort optimal pendant la course.

Courir avec des bâtons

Malgré les amortis intégrés aux chaussures, le corps perçoit tout de même les chocs sur les muscles et les articulations. S’équiper de bâtons permet de transférer une partie de l’effort vers le haut du corps, soulageant ainsi les membres inférieurs.

Morphologie du coureur

Si certains fabricants se contentent de chaussures universelles, d’autres offrent une version féminine et une masculine. Outre le design et les couleurs, plusieurs différences sont à noter.

Tout d’abord, la fourchette des pointures. Les femmes ayant généralement un pied plus petit, vous trouverez votre bonheur entre le 35 et le 41. Pour les hommes, les premières tailles de chaussures de trail débutent au 39 au mieux, sinon au 40. De plus, les pieds masculins sont réputés plus larges, les semelles sont donc adaptées à cette forme, alors que les chaussures femme ont tendance à être plus fines.

Enfin, le poids est la dernière différence majeure, et elle s’applique au coureur comme au produit. D’une part, les hommes pèsent plus lourd que les femmes. Ils ont donc besoin de plus d’amorti, ce qui, en conséquence, rend les chaussures homme plus lourdes que leur version féminine. D’autre part, avec leur gabarit plus imposant, courir avec des chaussures lourdes n’engendre pas de fatigue pour eux. A contrario, les chaussures féminines seront plus légères afin d’éviter d’épuiser les coureuses.

L’impact du poids sur le choix d’une chaussure de trail vaut également pour les coureurs lourds. Si vous pesez plus de 75 kg pour les femmes et 85 kg pour les hommes, il faudra se tourner vers des modèles dédiés. Plus robustes pour une meilleure durée dans le temps et avec plus d’amorti au talon, les versions « coureur lourd » vous garantissent de belles sorties sans douleur aux articulations. Néanmoins, malgré les efforts des marques, un coureur lourd usera ses chaussures bien plus rapidement qu’un poids plume. C’est donc un budget à prendre en compte.

Différentes technologies sont utilisées pour atténuer les impacts au sol (système GEL chez Asics, Rolling Concept chez Mammut, EVA chez Hoka One One...). Le poids du sportif va influencer la qualité de l'amorti : plus vous êtes lourd, plus l'amorti devra être important.

Le pense-bête pour bien choisir sa chaussure de trail

On l’a vu, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises chaussures, tout est question de compromis et surtout d’adaptation à sa pratique. Récapitulatif des choix possibles suivant le type de terrain :

  • Sur terrain gras : le besoin d’adhérence prime (larges crampons, semelle souple, espacement important) ;
  • Sur terrain sec : semelle large, gomme dure, renforts conséquents ;
  • Sous la pluie, on privilégie les matières imperméables. Sur neige, on s’équipe de Gore-Tex ;
  • Sur course longue type ultra trail : le poids est le critère de base ;
  • Sur des dénivelés marqués : un drop suffisant pour un meilleur amorti.

Le top des chaussures de trail

L'équipe Ekosport vous conseille les gammes de chaussures de trail suivantes :

Le choix d’une chaussure de trail est déterminant dans votre course. Reste qu’il n’est pas si facile de trouver chaussure à son pied. Et quoi qu’on en dise, l’esthétique compte aussi ! L’important est de faire un choix raisonné en adaptant au mieux les données techniques aux types de terrain auxquels est destinée la chaussure.

Les trois points-clés à retenir pour savoir comment choisir ses chaussures de trail :
  1. Une chaussure doit être confortable au premier essai.
  2. foulée (attaque sur l’avant, le milieu ou le talon).
  3. Le choix de la matière dépend de la météo (mesh, Gore-Tex…).