Ekosport, n°1 du sport Outdoor
Le n°1 du Sport Outdoor en Europe : Partenaire de la Fédération Française de Ski

Comment choisir ses chaussures d’alpinisme ?

Si le piolet est le symbole de l’alpinisme, c’est pourtant bien les chaussures qui vous feront aller plus loin. Jadis, les premiers aventuriers s’évadaient dans les grands espaces simplement chaussés, aujourd’hui, les progrès techniques nous offrent des modèles adaptés aux terrains et aux conditions climatiques spécifiques à la haute montagne. Le choix d’une chaussure d’alpinisme doit être déterminé par votre envie, votre utilisation et votre budget. Jetons un œil à ses différentes caractéristiques.

Les différents types d’alpinisme

Avant de choisir ses chaussures d’alpinisme, il convient de prendre le temps de cerner sa pratique. L’alpinisme est un domaine bien vaste comprenant les randonnées estivales dans nos belles montagnes, tout comme l’ascension des plus hauts sommets par des faces quasi inaccessibles. Dans quelques cas, certains aspects techniques de la chaussure seront indispensables, alors que dans d’autres, ils pourront faire l’objet d’un compromis.

Pour une sortie estivale, le déroulé du pied est primordial. On tourne son choix vers des chaussures d’alpinisme avec des semelles relativement souples pour un maximum de confort. Moins lourdes, elles sont plus agréables et permettent une démarche plus naturelle. Les sentiers sont à cette période chargés en neige. La protection anti-humidité est donc un must. En revanche, côté thermicité, on pourra se contenter du minimum. Il est d’ailleurs possible de remplacer la semelle thermique d’une chaussure « hiver » par un simple de propreté pour l’occasion. Pour la traversée de névé, il faudra se pencher sur le type de crampons à utiliser. Cela dépend en partie de la forme de la semelle : avec lanières, semi-auto ou automatique.

Pour les expéditions en haute et moyenne montagne, les températures négatives agressent rapidement les extrémités. Une membrane de type Gore-Tex permet de garantir une imperméabilité hors pair pour sortir, quel que soit le temps. Respirante et imperméable, cette membrane a révolutionné les sports outdoor.

Pour les chaussures d’alpinisme, on cherche toujours le confort, mais avec un compromis sur une semelle plus rigide et cramponnable pour l’ascension des glaciers et la traversée de passages plus techniques.

Dès que l’on augmente le niveau, avec des parcours côtés jusqu’à PD+ (peu difficile), la solidité de la chaussure de haute montagne devient un enjeu clé. Pour les passages avec escalade en rocher, il faudra privilégier les modèles à pointe fine pour plus de précision. La rigidité de la semelle sera également d’une grande aide sur ces portions, car elle retransmet mieux vos appuis et votre force.

Les cotations en alpinisme

Les différents types de terrains et la difficulté d’ascension sont classés selon des cotations d’alpinisme, allant du F - facile au ABO - abominablement difficile. Les fabricants indiquent sur les chaussures la cotation maximale pour laquelle elles sont conçues.

Imperméabilité/respirabilité : le compromis

Marche en neige humide, traversée de ruisseaux, pluies et conditions climatiques difficiles : pour garder les pieds au sec, les chaussures de haute montagne sont imperméables. Bien qu’il soit possible d’appliquer un produit imperméabilisant sur vos nouveaux chaussons, l’idéal est d’opter pour un modèle déjà traité. L’imperméabilité en sera mieux assurée. Outre le choix des matériaux (membrane Gore-Tex par exemple), la forme de la chaussure et notamment le nombre de coutures peuvent affecter l’étanchéité du tissu. De plus, dans le temps, moins il y en a, moins grand est le risque d’usure prématurée.

Néanmoins, imperméable ne signifie pas étanche. Si l’eau ne peut s’infiltrer de l’extérieur, l’humidité intérieure doit, elle, être évacuée. À défaut, votre pied sera comme dans un sac plastique et accumulera la vapeur/buée à l’intérieur. Il faut donc trouver l’équilibre entre membrane imperméable et tissu respirant. Donc, une fois que l’imperméabilité est garantie, reste à s’assurer que la chaussure respire. Une mauvaise aération peut causer des ampoules, des mycoses, des frottements, sans compter la sensation de froid. Ce qui peut entraîner des chutes et des accidents, lorsque l’on est plus attentif à sa douleur qu’au terrain. Il est recommandé dans tous les cas, même avec des chaussures d’alpinisme très respirantes, d’emporter avec soi une paire de chaussettes de rechange.


Thermicité : les conditions climatiques

Lorsque l’on s’apprête à s’aventurer sur les plus hauts sommets, mieux vaut ne pas avoir froid aux yeux ! Ni aux pieds non plus.

La thermicité d’une chaussure d’alpinisme peut vous aider à trancher entre deux modèles qui vous intéressent. Généralement, les fabricants indiqueront des températures théoriques pour lesquelles ils sont conçus. Néanmoins, chaque personne a sa propre sensibilité, certains étant plus frileux que d’autres !

De plus, la sensation de chaleur est complexe. Ce n’est pas uniquement les températures extérieures qui comptent. D’autres facteurs entrent en jeux. L’humidité par exemple est un vecteur de froid, car des pieds mouillés se refroidiront plus vite. La respirabilité des membranes joue donc un rôle premier dans la thermicité.

On pourra bien entendu compléter son attirail par des chaussettes chaudes, plus ou moins épaisses selon la technicité du tissu. De plus, il existe des semelles conçues pour maintenir les pieds au chaud, grâce à des fonctions isolantes notamment. Dans des conditions climatiques très froides (en deçà de -15 °C), des surbottes permettront de conserver un maximum de chaleur.

Enfin, si vous êtes tenté par les expéditions sur plusieurs jours, les modèles composés d’un chausson et d’une coque, appelés chaussures doubles, sont une alternative appréciable. En effet, sous la tente, vous conservez les chaussons. Ce qui évite d’avoir à enfiler des chaussures gelées le matin. Pour autant, avant de faire le choix de ce type de chaussures d’alpinisme, il faut bien vérifier qu’il n’y a pas d’espace entre la coque et le chausson, pour que le maintien du pied soit parfait.

La rigidité des chaussures d’alpinisme

Gage de qualité et de résistance à l’usure, la rigidité de la semelle et de la chaussure dans son ensemble aide à l’ascension. Pour les parcours marchands, les semelles rigides sont moins confortables. Pour autant, même si les sensations sont surprenantes au départ, le déroulé du pied prend son rythme après quelques pas.

Plus elles sont rigides, plus il sera aisé d’escalader les rochers et les surfaces dures, sans forcer sur les mollets ou les orteils. Bien que plus lourdes et moins marchantes, ces chaussures d’alpinisme économisent ainsi vos forces et démultiplient vos capacités sur ces passages techniques. C’est donc surtout au niveau de la pointe du pied que la semelle doit concentrer sa rigidité.

A contrario, la partie haute du chaussant doit garder de la souplesse, au moins en partie, pour permettre une large fourchette de mouvement tout en protégeant la cheville. Il est à noter également que la rigidité des semelles et leur forme sont conçues pour accueillir les crampons semi-auto et automatiques. Les modèles à lanières, quant à eux, s’adapteront à tous types de chaussures.

Chaussure haute

Contrairement à la randonnée, l’alpinisme requiert des chaussures à tige haute, c’est-à-dire montante, pour de meilleurs appuis et un moindre risque d’entorses. Cela protège également la cheville de la neige et de l’eau.

Quelles pointures pour des chaussures d’alpinisme ?

La bonne pointure de chaussures d’alpinisme dépend de la météo ! Pour des sorties estivales, optez pour un chaussant d’une demie taille en plus que votre pointure habituelle. En revanche, si l’objectif est de s’aventurer par température négative, il faudra alors s’équiper de grosses chaussettes bien chaudes. Dans ce cas, on choisit une pointure au-dessus, pour se laisser la marge.

En revanche, si l’on apprécie particulièrement l’escalade, la précision devient le critère majeur. Et ainsi, on opte pour des chaussures très proches du pied, voire une demi-pointure en dessous.

Enfin, il est toujours possible de changer la semelle intérieure. Soit pour ajuster la pointure, soit pour jouer sur la thermicité (semelle isolante vs semelle de propreté). Dans tous les cas, il faudra veiller à ce que le talon soit bien maintenu et ne se décolle pas lors de la marche. De même, laissez-vous un peu d’espace au niveau des orteils. En effet, sur les longues randonnées, les pieds peuvent enfler et donc prendre plus de volume. Sinon, les ampoules auront vite fait d’apparaître ! Enfin, comme pour la majorité des chaussures, l’essayage est primordial.

Confort, souplesse, thermicité : trouver des chaussures d’alpinisme adaptées à ses pieds demande beaucoup de recherches et autant d’essayages. C’est d’autant plus vrai si vous avez un pied hors norme (très fin ou large par exemple). Rassurez-vous, les rayons d’alpinisme disposent d’un très large choix pour combler toutes vos envies, de la course de ski-alpinisme à l’ascension des cascades de glace.

Les trois points-clés à retenir pour choisir ses chaussures d’alpinisme :
  1. La rigidité de la semelle dépend du type d’activité : souple pour les randonnées glaciaires, rigide pour les sorties techniques.
  2. La thermicité est un critère clé, qui peut être amélioré avec une semelle adaptée, des chaussettes ou des surbottes.
  3. Il faut trouver le bon compromis entre respirabilité et imperméabilité.